Fiche 14 · Quand la fatigue décide à notre place
Quand la situation s’étire, la fatigue n’est pas seulement physique. Elle devient morale : porter, expliquer, négocier, se justifier, surveiller. À un certain point, on ne choisit plus vraiment : on réagit. Cette fiche aide à reconnaître ce moment et à éviter que l’épuisement produise des décisions dures ou des ruptures.
Repère : la fatigue rend tout plus binaire. Elle pousse parfois vers le contrôle… ou vers le retrait.
Cette fiche ne traite pas du deuil invisible (voir Fiche 11) ni de la culpabilité silencieuse (voir Fiche 20), mais du moment où l’énergie disponible devient un facteur qui influence directement les décisions.
Signes que la fatigue gouverne
- Vous n’avez plus la capacité de bien expliquer : chaque échange vous vide.
- Vous réagissez en mode urgence, même quand ce n’est pas urgent.
- Vous dormez mal, ruminez, anticipez la prochaine dispute.
- Vous vous surprenez à vouloir couper court : décider vite, limiter, fermer.
- Ou l’inverse : vous n’avez plus l’énergie et vous vous effacez.
Effets fréquents (à reconnaître sans culpabiliser)
Repères pour tenir dans la durée
- Réduire la charge : une seule question à la fois, un canal, un point fixe.
- Rendre le cadre révisable : une date de réévaluation réduit la pression.
- Préserver un minimum relationnel : un contact stable vaut souvent mieux qu’un « tout ou rien ».
- Demander du soutien quand ça dépasse (voir Fiche 6).
Mini-plan en 4 lignes
- Ce que je porte : ____
- Ce que je peux lâcher ou partager : ____
- La modalité minimale de lien à préserver : ____
- La date de révision : ____
Astuce : un plan très court vaut mieux qu’un grand plan jamais appliqué.
Important
Cette fiche aide à reconnaître les effets de la fatigue morale pour éviter que l’épuisement mène à des décisions trop dures ou difficiles à défaire. Elle ne remplace pas un accompagnement juridique, psychosocial ou clinique.