Fiche 17 · Qui a le droit de parler

Dans les situations de protection, un glissement fréquent apparaît : la parole devient un territoire. Qui a le droit d’appeler, de demander, de rencontrer, d’être informé, de dire son inquiétude. Quand la parole est filtrée, la tension augmente et les liens se fragilisent.

Repère : un rôle légal encadre certaines décisions. Il ne devrait pas effacer la dignité relationnelle ni réduire la circulation minimale d’information.

Cette fiche traite de la circulation : qui peut parler à qui, sur quoi, et comment l’information circule. Elle se distingue de la place vécue par la personne (voir Fiche 4) et des limites d’un rôle (voir Fiche 7).

Sommaire

Signes que la parole est filtrée

Pris isolément, ces signes peuvent sembler anodins. C’est leur répétition et leur durée qui transforment la parole en enjeu de pouvoir relationnel.

Astuce : ce n’est pas “tout ou rien”. Souvent, le problème est l’absence de critères simples et stables.

Confusions fréquentes

Repère : filtrer la parole peut calmer à court terme, mais fragilise presque toujours à long terme.

Effets sur la personne et les proches

Repère : quand l’information est rare, les hypothèses prennent toute la place. Revenir à une circulation minimale diminue souvent la tension.

Rétablir un minimum de circulation

L’objectif n’est pas que tout circule, ni que tout le monde décide. L’objectif est un minimum clair, stable et révisable : de quoi préserver le lien et réduire les malentendus.

Phrase utile : « Je ne demande pas tout. Je demande un minimum clair et stable pour préserver le lien. »

Si ça dérape vite : revenez aux faits et à une demande simple (voir Fiche 5 et Fiche 9).

Mini-cadre en 5 lignes

Objectif : rendre la circulation plus claire et plus respirable, sans tout ouvrir ni tout fermer.

Astuce : un minimum clair vaut mieux qu’un grand principe flou.

Important

Cette fiche vise à repérer les filtrages de parole qui abîment la confiance et à réintroduire de la clarté sans transformer la situation en bras de fer. Elle ne remplace pas un accompagnement juridique, psychosocial ou clinique.