Fiche 15 · Quand la protection devient administrative
La protection peut glisser vers une logique de “dossier” : procédures, contrôles, preuves, chaînes d’autorisation. Ce cadre est parfois nécessaire. Mais si la personne et ses liens sortent du centre, la protection perd son sens et la tension augmente.
Repère : le cadre doit servir la personne. Il ne doit pas la remplacer.
Glissements typiques
- On gère des accès plutôt que de protéger des liens (visites filtrées par défaut).
- On empile des règles parce qu’on est inquiet (voir Fiche 10).
- On retient l’information “pour éviter des problèmes”.
- On centralise tout : une seule personne devient le point de passage obligatoire.
- On parle de la personne sans elle.
Ce que ça coûte (souvent)
Recentrer en 3 questions
- Qui est au centre de cette décision : la personne… ou le confort du système?
- Qu’est-ce que ça protège concrètement : quel risque réel, quel besoin?
- Qu’est-ce que ça abîme : autonomie, liens, confiance?
Astuce : si on ne peut pas expliquer la décision en mots simples, le cadre a pris trop de place.
Micro-ajustements concrets (souvent suffisants)
- Modalités stables : un horaire minimal de contact, clair et prévisible.
- Résumé en 5 lignes après une décision importante (quoi, pourquoi, révisable quand).
- Décentraliser : éviter que tout passe par une seule personne.
- Rendre révisable : date de réévaluation et critères simples.
Important
Cette fiche aide à repérer quand la protection glisse vers une logique de dossier, et à recentrer la personne, la proportionnalité et les liens.